- Quand on parle de loi, il y faut bien garder à l’esprit que les pratiques peuvent être différentes. En somme, il y a la loi et son application.
- Quand on parle de Chine, il faut bien comprendre qu’on parle d’une façon de voir le monde qui est radicalement différente à la nôtre.
- L’idée qui est la mienne au début de la lecture de cette loi est, je crois, une idée assez largement partagée en France : quelle place laisse cette loi aux animaux servis dans les restaurants ?

Avouez que ce chien a des airs bien chinois
Ces 3 jalons posés, il n’en reste pas moins indéniable qu’envisager sérieusement une loi sur les animaux est un pas qui marque une évolution de la conscience chinoise.
Dès l’introduction de la proposition de texte de loi on note une touche locale : « Nous élaborons cette loi pour faire avancer l’édification de la civilisation spirituelle socialiste» . Si en France l’Eglise et l’Etat sont séparés depuis 1905, en Chine l’Etat socialiste s’occupe de tout : spirituel comme matériel.
Une vision inexacte de la loi en France
Premier étonnement, tout ce que que j’avais pu lire sur cette loi jusqu’à présent ne reflète absolument pas son réel contenu. Depuis la France, elle est largement traitée comme une loi visant au bien être des animaux domestiques. En lisant le texte, les préoccupations majeures sont tout autres : elle vise principalement à encadrer les conditions sanitaires des animaux d’élevage, à traiter le problème des abandons et de la prolifération des chiens errants et à interdire la violence inutile dans les abattoirs, les laboratoires et les zoos.
Finalement, rien de plus logique : la loi encadre en priorité les problèmes cruciaux pour la santé des chinois, le spectre du virus H1N1 planant toujours au dessus des têtes des dignitaires chinois.
La consommation de chien et de chat ne fait pas l’objet d’une interdiction
Et ô surprise, le texte ne prévoit pas d’interdire la consommation de viande de chien et de chat dans l’immédiat : « Le gouvernement de chaque province peut selon la situation de population et de coutume locale, interdire l’abattage de chiens et chats, délimiter la zone dans laquelle sont interdits le transport et la vente de produits de chines et chats tels que viande, organes, peux et fourrure.» . Il faudra sans doute attendre encore longtemps pour que ces espèces ne soient plus consommées.
Des sanctions importantes en cas de cruauté sur les animaux
En ce qui concerne les sanctions encourues pour les auteurs de cruautés envers les animaux, elles sont significatives (si on rapporte les amendes au salaire moyen local) :
Pour les particuliers auteurs de maltraitance ou d’abandons :
« En cas d’infraction à cette loi dans l’une des circonstances suivantes, on ordonne une correction immédiate ou dans un délai fixe, pour tout individu, ou l’on prononce une sentence sous forme d’avertissement ou une amende égale ou inférieure à 1000 yuan (soit environ 100 euros), on ordonne en même temps au contrevenant de signer une attestation de bonne conduite.»
Pour les professionnels (éleveurs et laboratoires) :
« En cas d’infraction à cette loi en abattant, en transportant ou en vendant les chiens et les chats ou les produits issus de leur exploitation dans une zone d’interdiction d’abattage ou d’ vente, pour tout individu contrevenant on inflige une amende inférieure à 5000 yuan et l’on ordonne en même temps de signer une attestation de bonne conduite. Pour toute collectivité ou organisme, on inflige une amende allant de 50 000 yuan à 500 000 yuan.»
Il faut noter également que la loi encourage le développement de mutuelles pour animaux domestiques, de refuges. Par contre, aucune trace d’une quelconque obligation de pucer ou de tatouer un animal domestique qui me paraît être une condition sine qua non pour avoir une prise sur la situation et la condition des animaux domestiques.
Pour consulter les détails de ce projet de loi c’est par ici
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