Dès que les hommes eurent l’idée de capturer de jeunes loups et de les élever en captivité sans jamais plus laisser retourner à l’état sauvage les produits qu’ils en obtenaient, ils pratiquèrent sans le savoir une « sélection» qui a agi de façon constante pendant des millénaires sur des populations génétiquement séparées du peuplement sauvage. La domestication du loup a donc été le résultat de l’isolement de représentants sauvage de cette espèce, que l’homme a placés dans un environnement artificiel dont les facteurs étaient très différents de ceux qui régissaient habituellement la vie du loup dans son milieu d’origine. Comme cela a été le cas pour toutes les espèces domestiques, la pression de sélection s’est exercée, non plus par la « sélection naturelle» qui agit sur les espèces sauvages, mais par l’intermédiaire de l’homme, qui choisit les reproducteurs dont il veut conserver les qualités.

Un chien? Un loup?
Dès le début de la domestication, il est vraissemblable que des populations humaines ont tenté, en divers points du monde, de sélectionner des chiens: on constate en effet l’existence dès les temps les plus reculés de plusieurs races. Les éleveurs modernes ont bénéficié de cette sélection empirique qui s’est poursuivie au cours des temps sous l’influence conjuguée du milieu géographique et du climat dans lequel vivaient les premiers chiens, et surtout du milieu humain dans lequel ils étaient domestiqués. Ainsi, les chiens mal adaptés étant éliminés avant d’atteindre l’âge de se reproduire, il s’est crée peu à peu des races différentes: par exemple, d’abord des chiens de montagne grands et lourds, des chiens de steppes élancés, des chiens de forêt de petite taille; chacune de ces « races» s’est elle-même diversifiée par la suite selon les qualités du pelage, le port des oreilles ou de la queue, les qualités olfactives ou auditives, etc…
La plupart des « races» de chiens que nous connaissons ont été fixées à la fin du XIXème siècle ou au début du XXème. Mais les grands types (chiens de bergers, chien de chasse, chiens de garde, chien d’agrément) étaient déjà connus des Egyptiens et certainement bien avant eux.
